Les Taïnos

Leur nom veut dire : « peuple bon et paisible »

Les Taïnos

Les Taïnos, ou Tainos, sont considérés comme une ethnie amérindienne faisant partie du groupe des Arawaks, qui occupaientt les grandes Antilles lors de l'arrivée des Européens au XVe siècle. Malgré leur quasi disparition au XVIe siècle, beaucoup d'Antillais, plus particulièrement des Cubains, Haïtiens, Portoricains et Dominicains continuent de se considérer comme Tainos.

Origine  

 L'origine des indiens tainos est confuse et controversée quand on se réfère à l'étude de leurs coutumes et de leurs traditions. Leur langue est d'origine arawak mais en analysant leur symbolique et leur mythologie, on s'aperçoit avec surprise qu'elle est liée aux Mayas du Yucatán, du Guatemala et d'autres régions adjacentes. 

ORIGINE

Société

Elle se divisait en trois classes sociales distinctes : 

 

  1. les Naborias ou villageois travaillant la terre, 
  2. les Nitaínos considérés comme les nobles des tribus, 
  3. les Bohiques, chamans ou prêtres qui représentaient les croyances religieuses et le Cacique connu aussi sous le nom de "Guare", chef de la tribu ou "Yucayeque". 

De plus, existait un chef suprême auquel les Caciques devaient verser un tribut.

  Économie   

Les Tainos ignoraient les notions de propriété privée et d'état. La principale activité économique des Tainos était l'agriculture, pour laquelle ils effectuaient des semailles qu'ils appelaient conucos.

 Ils cultivaient les variétés douces et amères du manioc, pour lequel ils utilisaient de l'engrais et un système d'irrigation, parmi les autres cultures importantes dans la vie des tainos : la pomme de terre, le maïs, la cacahuète, le piment, l'ananas, la patate douce, le coton et le tabac.Ils chassaient de petits rongeurs, des iguanes, quelques variétés d'oiseaux et de serpents, ils pêchaient à l'hameçon, aux filets, ou avec du poison, etc. 

 

Ils fabriquaient divers types d’objets tel le hamac qu'ils appelaient coy. Ils faisaient fermenter le manioc dans le but d'obtenir une boisson enivrante appelée uicù et le cazabe (casave dans les antilles) sorte de pain ou galette circulaire de manioc cuite au soleil, qui était consommée quotidiennement (et qui est d'ailleurs toujours fabriquée dans la région caribéenne, notamment en République dominicaine et Haïti).

cazabe

De nombreux vocables très usités encore de nos jours ont des origines Taïnos ou du moins ce sont là des mots venus avec eux, tels que hamac, ananas, caïman, goyave, iguane, manioc, papaye, Pitaya, etc...

Ils fondaient les villages à l'intérieur des terres dans les clairières, là on pouvait y trouver deux types d'habitats fabriqués de bois et de feuilles ramassées au fond des rivières ; les bohios, huttes circulaires et le caney plus grand et rectangulaire dans lequel vivait le cacique et sa famille. 

La société était structurée en divers niveaux avec les naborias (villageois, paysans), les nitaïnos (les nobles), les bohiques (les chamans) et les caciques (chefs de villages). Les indiens Taïnos dormaient dans des hamacs, se couvraient de taparrabos (cache-sexe) pour les hommes et de naguas de coton ou de feuilles (pagnes) pour les femmes mariées. 

Les Taïnos, hommes et femmes arboraient des peintures corporelles ainsi que des tatouages pour se protéger des mauvais esprits et portaient aux oreilles et aux lévres des bijoux d'or, d'argent, de coquillages ou de pierre. Ils confectionnaient des poteries, des paniers, des filets de pêche, sculptaient le bois. Ils jouaient de la musique et dansaient, en bref ils avaient apporté avec eux une partie des cultures précolombiennes.

Les bijoux et ornements :

  

 Généralement, ils portaient des colliers faits en dents d'animaux avec des sifflets qui étaient faits d'os d'ennemis tués lors d'un combat. Leurs biceps et leurs poignets étaient ornés de bracelets de perles blanches.   Les femmes et les jeunes filles avaient autour du mollet des bracelets tissés en coton qu'elles portaient constamment. Les Kalinas ne portaient qu'un collier en métal d'une origine certaine qui était Tainos le « karakoulis ». Ce collier en alliage d'or, de cuivre et d'argent servait de monnaie d'échange entre eux.   Alors que chez les Kalinas on parlait de « karakoulis », chez les Tainos on retrouvait le « karrukulli ».

Les bijoux et ornements

Les symboles : 

Les Taïnos n'avaient pas d'écriture, mais ils nous ont laissé des "messages" à travers l'expression artistique: signes et symboles de leur poterie et des pétroglyphes . La fréquence et la grande diversité de représentations abstraites ou réalistes, par exemple, de certains animaux (grenouille, tortue, chauve-souris, etc.) ne nous apportent pas seulement de précieux renseignements sur la faune et l'environnement des îles, mais sans doute aussi les signaux d'un message mystique.

La religion :    

Leurs dieux étaient Yukiyu (ou Yucahu) le bien et Juracan le mal. Les bohiques les chamans Taïnos, représentaient la nuit, le mal, le coté obscure alors que le cacique le chef, était le soleil, la lumière, le bien. 

Il semblerait aussi que le Popol-Vuh ; la bible des Mayas, eut une grande influence dans les Antilles. Ainsi les Taïnos étaient animistese et  comparaient les esprits aux hommes, aux animaux, aux plantes, ils confectionnaient des cemiés c'est à dire des idoles de coton, de pierre, de bois, d'os, de coquillages ou autres qui étaient habités par les esprits et leur donnaient des pouvoirs sur les hommes.

Génocide   

De nombreux historiens considèrent que l'ethnie disparut du fait du génocide[1] commis par les Européens durant la conquête de la région, ou des maladies introduites par les colons.  Quand les premiers navigateurs européens arrivèrent aux îles, les Tainos étaient en train d'être vaincus par une ethnie rivale, les Caraïbes. La société taina se divisait environ en cinq royaumes contrôlés par des caciques, à qui ils payaient des tributs. Bartolomé de las Casas dans son livre Historia General de las Indias raconte qu'en 1508 il restait environ 60 000 Tainos sur l'île d'Hispaniola. En 1531, l'exploitation dans les mines d'or, les suicides et les maladies[1] avaient réduit ce nombre à 600, soit une diminution de 80 à 90 %[1].